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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 16:56

 

 

Brève histoire du SCALP-Reflex

suite et fin

 

Notre groupe, le SCALP-Reflex1, procède et annonce aujourd’hui sa dissolution après plus de 25 ans d’existence et d’activité dans l’espace politique et contre-culturel parisien.

 

Nous avons vu se succéder plusieurs générations de militants, qui chacune à leur façon ont contribué à cette aventure. Il est temps aujourd’hui de faire un bilan de nos activités pour que ceux qui forment aujourd'hui le groupe SCALP-Reflex puissent clore cette histoire et entamer une nouvelle dynamique. En choisissant de rendre cette annonce et cette réflexion-bilan publiques, plutôt qu’en nous contentant de laisser dépérir ce groupe comme tant d’autres, nous espérons que transmettre notre expérience pourra permettre de faire avancer les réflexions d’autres groupes ou organisations militantes, et ainsi contribuer une dernière fois à faire vivre et enrichir notre milieu politique.

 

Ce bilan ne sera évidemment pas exhaustif. Certains ne se reconnaîtront pas dans nos analyses, d'autres trouveront qu'il manque des éléments importants ; nous ne prétendons pas écrire ici l’histoire de notre groupe, ni représenter ce qu’il a été au fil du temps, car cette tâche est impossible sans la participation de l’ensemble des protagonistes. Nous tenons cependant à préciser et à réaffirmer que nous ne renions rien de notre histoire collective.

 

Un peu d'histoire pour se rafraîchir les méninges

 

Le retour sur notre histoire n'est pas nostalgique mais bien une volonté de savoir d’où l'on vient afin de tirer les leçons indispensables pour tracer le chemin des luttes à venir. Beaucoup ont essayé de nous réduire à un groupe uniquement antifasciste alors que notre conception de l'antifascisme radical nous a amené à lutter sur d’autres fronts. Dès la création de reflex, quasiment toutes les thématiques que nous allons rappeler ci-dessous sont présentes. Il suffit de feuilleter les revues REFLEXes et No Pasaran2pour s'en rendre compte.

 

L’antifascisme radical constitue un des piliers du SCALP-Reflex. Pour nous l'irruption du front national (FN) sur la scène politique au début des années 80 n'est pas un épiphénomène mais bien le début de ce qu'on appellera la « lepénisation » des esprits. Il nous a alors paru indispensable de comprendre ce phénomène et la revue REFLEXes3a vu le jour, car pour mieux combattre sont ennemi il faut le connaître. L'antifascisme républicain de droite comme de gauche a quant à lui utilisé l’extrême droite comme repoussoir dans ses stratégies électorales4. Le seul objectif de la droite comme de la gauche est d’être réélu en se présentant comme l’unique rempart contre le FN tout en appliquant des politiques néo-libérales, sécuritaires et xénophobes. C’est ainsi que de manière quasi-unanime, l’immigré est redevenu le bouc émissaire de la misère sociale générée par le capitalisme et le patriarcat : mal-logement, chômage, insécurité, sexisme….

 

Nous avons toujours refusé la banalisation de l’extrême droite que ce soit le FN ou les nombreux groupuscules et associations qui composent la mouvance nationaliste. Nous nous sommes donc opposées à eux, partout où ils étaient présents et partout où nous le pouvions.

Dans la rue nous nous sommes toujours opposées aux événements qu'ils organisaient au travers de manifestations, de contre rassemblements, ou d'actions5.

Dans les universités, nous nous sommes mobilisées contre leurs tentatives d'implantation en informant les étudiants sur la nature de l’extrême droite et en s'opposant physiquement à leurs actions.

Dans les quartiers et particulièrement sur les marchés, nous avons monté des groupes locaux afin de ne pas leur laisser le monopole de la politique. Nous avons déployé toute notre imagination au travers d'agit-prop, d'actions... pour les chasser.

Dans nos actions, nous avons toujours eu le souci d’agir avec la population locale car nous ne nous considérons pas comme une avant-garde. Nous avons toujours pensé l'antifascisme radical comme un mouvement social en lutte contre les valeurs et les pratiques de l’extrême droite.

Dans la lutte contre l’extrême droite, la solidarité est une arme essentielle qui nous a menées à soutenir des camarades antifascistes confrontées à la répression aussi bien en France que dans d’autres pays européens6.

En tant qu'antifascistes radicaux nous pensons qu'il est indispensable de réinvestir le terrain social pour combattre efficacement l’extrême droite.

 

Nous avons donc participé aux luttes antiracistes de solidarité avec les migrants. Au travers des luttes contre la double peine nous nous sommes intéressées aux questions sécuritaires et à la xénophobie d’état. Nous avons lutté aux côtés des demandeurs du droit d'asile au début des années 90 puis dans les facultés au sein des Comité de Défense des Étudiants Étrangers (CDEE 1994). Nous avons alors réfléchi sur la place des migrants et sur la question de la nouvelle citoyenneté. Fort de ces expériences nous avons participé au travers du « collectif des papiers pour tous » au mouvement social des sans-papiers qui a démarré en 1996. Nous avons pu développer et propager les idées de liberté de circulation et d’installation tout en nouant des contacts internationaux pour se mobiliser contre l’Europe forteresse. A la fin du mouvement nous nous sommes attaquées au sein du Collectif Anti Expulsion(CAE) au maillon faible de la politique de fermeture des frontières de l'union européenne à savoir les expulsions de sans-papiers. Puis nous avons accompagné et soutenu le mouvement des sans-papiers parisiens du début des années 2000.

 

Nous avons toujours refusé la politique du bouc émissaire qui stigmatise les pauvres, les exclus, les minorités et les étrangers pour dissimuler les politiques anti-sociale et xénophobes de la droite comme de la gauche. Nous avons essayé, avec d'autres de lutter contre la poussée sécuritaire de la fin des années 90 que les gouvernements ont mis en place pour contrôler les « classes dangereuses ». Nous avons tenté de faire converger différents secteurs en lutte contre ces lois sécuritaires comme lors de la mobilisation contre la lopsi II ou le mouvement s'est articulé autour des prostitué-e-s, des teufeurs, squatteurs, sans papiers...contre l'ordre sécuritaire.

 

Dans le cadre de note lutte antifasciste, nous nous sommes engagées contre les anti-IVG aux cotés des pro-choix. Dans notre recherche anti-autoritaire, nous nous sommes aussi interrogées sur nos pratiques. La convergence de ces interrogations nous a amenées à nous intéresser aux problématiques féministes. Au travers d'outils comme les groupes non-mixtes ou lors de débats sur des thématiques féministes (viol, parole et pouvoir dans les groupes militants, prostitution...) nous avons essayé de faire évoluer nos pratiques collectives vers plus d'égalité et vers des pratiques moins sexistes. Des membres du groupe ont participé à l’écriture des deux hors-séries sur ces questions que le réseau No Pasaran a édité. Dans la volonté de trouver un terrain de lutte contre le patriarcat nous nous sommes intéressées à ces modes de reproduction au travers de campagnes contre les jouets sexistes au sein du « collectif contre le publisexisme ». Ce qui nous a conduites à aborder les questions de genre en publiant des dossiers dans le journal No Pasaran.

 

Dans les universités nous avons participé à tous les mouvements sociaux des années 907sur des thématiques propres à la fac mais toujours avec la volonté d’élargir la lutte pour ne pas rester enfermées dans le corporatisme étudiants. Nous avons aussi entamé une réflexion sur la centralité du travail qui nous a paru être un nœud très important de l'exploitation capitaliste. Nous avons tenté d'y apporter des réponses autour de trois idées : la gratuité, le revenu garanti et la notion du travail socialement utile. Nous avons porté ces revendications que ce soit au sein du « Réseau pour l’Abolition des Transports Payants » (RATP), ou lors des campagnes des groupes Anti-G7 (GAG)8puis lors de « l’Initiative Anti-capitaliste » (IAC).

 

Nous avons essayé de porter ces revendications lors du mouvement des chômeurs et précaires de l'hiver 1997-1998. Nous avons alors participé aux rassemblements contre les sommets de l'union européenne à partir de 1999. Toujours dans la perspective de la convergence des luttes nous avons organisé des campagnes de trains gratuits pour se rendre sur les lieux des contre-sommets (Nice, Cologne) tout en revendiquant la liberté de circulation et d'installation lors du passage des frontières. A chaque fois nous avons essayé de donner une dimension internationale en travaillant avec des camardes européens. Suite au contre-sommet de Gènes (2001) puis au contre-sommet de l'UE à Bruxelles (2002) où nous avons subi une forte répression qui nous a totalement empêchées de nous « exprimer » nous avons alors lancé une campagne unitaire contre le G8 qui aboutira à la tenue du village « VAAAG » à Evian en juin 2003.9L'idée était de mettre en avant une alternative aux saigneurs du G8 en montrant qu’il est possible de vivre en autogestion avec plusieurs milliers de personnes. Lors de cette mobilisation nous avons construit une cuisine collective mobile à prix libre que nous utilisons depuis, dans tous les événements que nous organisons. Rien de tel qu'un bon repas pour discuter politique. Cette approche culinaire de la politique nous conduira à participer à l’autogestion de la Rôtisserie10à la fois comme outil d’autofinancement mais aussi comme outil de propagande. Nous avons poursuivi localement en présentant un candidat à l’élection présidentielle de 2007: Patate le seul candidat qui ne se présente pas mais pour qui la politique serait l’affaire de tout le monde. Notre réflexion sur les alternatives nous a amenées à tenter de créer Zelda11. Ce projet avait pour vocation d'ouvrir des espaces d'autonomie organisés de manière autogestionnaire pour servir d'exemple et d'outil de propagande par le fait.

 

La question internationale a toujours été présente dans le scalp reflex. La vision internationaliste et les rencontres qui vont avec, sont des armes indispensables pour nos luttes contre le capitalisme et contre les réponses identitaires qu'il induit. Sur toutes les thématiques que nous avons portées, cette dimension a été présente sous une forme ou sous une autre. A la fin des années 80, nous nous sommes intéressées aux luttes de libération nationales et nous avons participé aux campagnes de soutien aux prisonnier-e-s politiques basques. Nous avons aussi participé aux mouvements antiguerre que ce soit contre la guerre du Golfe I et II ou que ce soit contre la guerre en ex Yougoslavie, nous avons toujours lutté pour un monde en Paix. Sur l’extrême droite nous avons toujours fait partie d'un réseau international qui permettait d’échanger des informations et de soutenir les camarades. Sur la liberté de circulation et d'installation nos contacts internationaux nous ont permis de mener des campagnes politiques au niveau européen autour des trains gratuits et du passage sans risque des frontières pour les sans-papiers.

 

Nous avons rejeté dès le début le côté militant triste. Une des dimensions importante de notre groupe bien que sans doute moins connue est notre lien avec les milieux de la contre-culture. Depuis le début du groupe certains de ses membres ont participé au développement d'une scène musicale alternative. Que ce soit en participant au SO des Béruriers noirs, en organisant des concerts dans le cadre du CCC12au CICP13ou en faisant des centaines de table de presse nous avons participé à faire vivre la contre-culture sur Paris. Le slogan : « la lutte oui mais la fête aussi » résume bien notre état d'esprit.

 

 

 

Notre antifascisme et ses limites aujourd’hui

 

Si le Scalp-Reflex, et au-delà le Réseau No Pasaran, s’est impliqué dans des luttes aussi diverses au cours des trente dernières années, c’est que dès l’origine et jusqu’à aujourd’hui sa ligne directrice a été celle de l’antifascisme radical. Antifascisme radical, c'est à dire qui entend attaquer les racines profondes du fascisme, de transformer la société pour en extirper les germes du fascisme. Antifascisme radical, à l’inverse de l’antifascisme dit « républicain », qui se contente de dénoncer le fascisme sur un plan moral, au nom des grands principes dont se réclame le système social – et ce, même si ce système ne respecte pas lui-même ses propres principes. Même si, en France, l’antifascisme radical s’est développé dans les années 1980 en réaction à la montée en puissance du Front National, il n’est donc pas seulement une lutte contre l’extrême droite, encore moins contre un parti d’extrême droite. Il s’agit d’une lutte globale, à la fois socioculturelle, économique et politique, contre tout ce qui, dans une société, est susceptible de permettre la résurgence de phénomènes fascistes, avec leur cocktail d’autoritarisme, d’inégalités et d’exclusions, bref une lutte pour l’émancipation et l’autonomie de tous et toutes.

 

Aussi utile et légitime soit-elle, la lutte antifasciste a connu de sérieuses limites au cours des 15 dernières années ; des limites que nous n’arrivons pas à dépasser, et qui justifient notre décision de mettre fin aux activités du Scalp-Reflex afin de transformer la forme de notre engagement et de notre action politique.

La première limite est liée aux évolutions de la conjoncture socio-politique, et en particulier à la banalisation des idées d’extrême droite. La lepénisation des esprits, que nous pensions dès l’origine être un danger plus grave, plus pressant et plus insidieux qu’une éventuelle prise du pouvoir par l’extrême droite, est désormais presque achevée : en témoignent non seulement les bons scores électoraux du FN lors de la séquence électorale de 2012, ainsi que la multiplication ces dernières années de groupuscules fascisants (Identitaires, Troisième Voie, Nationalistes autonomes, etc.), mais aussi et surtout le fait que les thèmes et souvent les thèses de cette mouvance ont été peu à peu récupérés par les partis politiques classiques – et ce, à gauche comme à droite.

La présidence Sarkozy a accéléré cette banalisation : commencée avec la création d’un Ministère de l’identité nationale et de l’immigration, institutionnalisant du même coup au cœur de l’édifice républicain le thème frontiste « immigration = danger culturel », cette période se poursuit sur un pitoyable débat interne à la droite sur l’opportunité électoraliste d’alliances avec l’extrême droite plutôt qu’avec le centre-droit. Mais le moment crucial est antérieur, et se joue lors de la séquence 1997-2002, sous le gouvernement de gauche plurielle. Le pas décisif dans cette banalisation a sans doute été le virage sécuritaire pris par le PS en 1997 (colloque de Villepinte), qui a vu la gauche se rallier au discours répressif issu de la droite la plus dure, et abandonner du même coup toute analyse et toute perspective de solution socio-économiques aux problèmes sociaux. Ceci, sur fond d’une part d’approfondissement du virage libéralpris en 1983 avec le « tournant de la rigueur » (le gouvernement Jospin est celui qui a le plus privatisé depuis la Libération, celui aussi qui a introduit les recettes néolibérales de management dans l’administration (LOLF, 2000 14), et d’autre part de soumission aux diktats néolibéraux de l’Union européenne (Traité d’Amsterdam en 1997, stratégie de Lisbonne ratifiée en 1999-2000, soutien majoritaire du PS à la Constitution européenne en 2005, enfin vote, avec la droite et contre la volonté populaire exprimée par référendum, du Traité constitutionnel de Lisbonne en 2007). Faute de projet politique alternatif, il ne reste plus à cette gauche soi-disant socialiste qu’à suivre et, au mieux, à se faire une spécialité de tenter d’atténuer la violence du capitalisme néolibéral, quitte à diffuser les vieux poncifs répressifs et nationalistes pour souder la population. Dès lors le champ est libre pour la droite pour durcir ses positions, et se rapprocher petit à petit de l’extrême droite sur ses thèmes de prédilection – immigration et répression.

Cette droitisation des positions des partis classiques s’est effectuée d’autant plus facilement qu’à la même période le principal représentant de l’extrême droite, le FN, entre en crise et connaît une scission en décembre 1998. Ignorants, en bons antifascistes libéraux, que rien n’a changé dans les conditions sociales qui font le terreau de l’extrême droite, médias et politiciens diagnostiquent alors la mort du FN, donc (selon eux) la fin de tout danger fasciste, nationaliste, voire de l’extrême droite. Le 21 avril 2002, où le FN atteint des résultats électoraux inégalés, est paradoxalement présenté comme confirmant cette thèse : médias et politiciens célèbrent la réélection de Chirac comme la victoire définitive contre l’extrême droite, écrasée par la plus large victoire présidentielle jamais obtenue. Bien peu nombreux sont, à l’époque, ceux qui soulignent que le FN a gagné des voix entre le 1eret le 2etour des élections… Mais il est vrai que la scission de 1998 a fait très mal à l’extrême droite, qui passe toute la décennie 2000 à tenter de se reconstruire une représentation politique et qui n’obtient que de « faibles » scores électoraux – ce qui entérine l’idée (fausse) selon laquelle tout danger est écarté de ce côté.

Le mouvement de droitisation est accéléré par le basculement de l’année 2001. Celle-ci voit coup sur coup le début de la fin du mouvement altermondialiste, avec la répression du contre-sommet de Gênes en juillet, et l’irruption au devant de la scène géopolitique de la doctrine du choc des civilisations, suite aux attentats du 11 septembre. Ensemble, ces deux événements marquent le triomphe des thèmes culturalistes et ethno-différentialistes, autour de la lutte contre le nouvel ennemi absolu, « l’axe du mal » : les musulmans, toujours peu ou prou suspects d’islamisme. Les termes du débat se déplacent, et avec eux les clivages : le problème n’est plus d’être noir ou arabe, bref différent de la tradition nationale (racisme / nationalisme condamné par tous), mais d’être musulman, donc suspect d’hostilité contre la démocratie (racisme ethno-différencialiste admis par tous : cf. le vote consensuel des lois contre le port du foulard à l’école, ou contre le port du voile intégral dans la rue).

Ce qui s’opère là, c’est une véritable « culturalisation » des mentalités : la population est abreuvée de discours politiques et médiatiques qui placent au premier plan l’appartenance culturelle, censée déterminer l’action et la moralité des individus. Soit un schéma identique à celui du rascisme ethno-différentialiste, où la différence de l’autre n’en fait pas un inférieur, mais tout simplement un autre, un étranger, inassimilable, voire inacceptable : chacun chez soi, chacun entre soi. Situation d’autant plus grave que les revendications des minorités dans l’hexagone se modifient elles aussi, passant de l’exigence d’égalité sociale à celle du respect des différences ethniques ou culturelles, entérinant du même coup la segmentation ethno-culturelle de la population entamée par l’extrême droite dans les années 1980 – au détriment bien sûr de la division en classes socio-économiques. Or cette affirmation quasi-unanime de la priorité des thèmes socioculturels, qui plus est traités sur le mode du danger et de la défiance réciproque des communautés, non seulement entérine sa propagande passée en faveur de l’exclusion ethnique, mais clairement banalise ses positions et fait le lit de ses succès futurs.

 

De fait, « droitisation » du discours politique et « culturalisation » des mentalités n’attendaient plus, pour donner leurs fruits, que la restructuration d’un appareil partisan à l’extrême droite – ce qui s’accomplit en 2010 avec la prise de pouvoir de Marine Le Pen sur le FN. Comprenant très bien que le contexte lui est favorable grâce à l’évolution des partis de gouvernement, et sans doute désireuse de prolonger la tendance jusqu’à atteindre le gouvernement par alliance avec la droite classique, celle-ci ne fait que prolonger le mouvement de banalisation déjà bien entamé. D’où un travail cosmétique en trois points, la désormais célèbre « dédiabolisation » : éviter les provocations et évacuer les ailes les plus dures et les moins banalisées du parti (catholiques traditionalistes, néofascistes, etc.) ; récupérer la rhétorique dont s’étaient enrobées les mesures discriminatoires antérieures (pas contre l’islam, mais pour la laïcité…) ; remettre en avant les thèmes socio-économiques abandonnés par les partis classiques, sans bouger d’un iota sur les propositions du parti en la matière : préférence nationale et protectionnisme (au programme du FN depuis les années 1980), et redorer le nationalisme en jouant sur l’hostilité largement répandue à l’Union européenne et à la mondialisation néolibérale.

Cette reconstruction s’accompagne d’un énorme travail médiatique, visant à occuper au maximum le temps d’antenne. C’est là, et non sur le fond, que réside le grand virage stratégique du FN – et l’une des grandes difficultés de l’antifascisme radical aujourd’hui : la stratégie n’est plus d’occuper la rue grâce à ses militant-e-s, mais d’occuper les plateaux télés grâce à ses porte-parole propres sur eux. Jusqu’à la scission de 1998, le FN était l’un des derniers partis de masse militants ; aujourd’hui, il n’a plus d’appareil de parti couvrant tout le territoire, et il peine à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. Autrement dit, comme le PS ou l’UMP, le FN est en train de devenir un parti purement électoral, animé par des professionnels de la communication, n’existant qu’entre leurs bureaux, leurs berlines et les antennes audiovisuelles.

Cette évolution de la stratégie d’implantation de l’extrême droite rend du même coup beaucoup plus difficile l’action de rue antifasciste – pour la simple raison que les rares militants d’extrême droite encore dans la rue aujourd’hui sont ceux trop stupides ou trop insignifiants pour être acceptés même par le FN. L’antifascisme de rue (manifestations, marchés, etc.), aujourd’hui, est dans une impasse : soit il se confronte à des groupes d’extrême droite marginaux, sans envergure politique, mais dangereux physiquement; soit il cherche à se confronter à des organisations ayant une certaine envergure politique, et il se trouve face à des partis qui non seulement sont absents de la rue, mais qui en plus sont désormais bien intégrés au jeu politique, soutenus par la force publique et perçus comme légitimes par la population, car au final pas si différents des partis de gouvernement… Les nombreuses poursuites et condamnations judiciaires d’antifascistes au cours de la dernière décennie suffisent à le prouver : l’un des effets de la lepénisation des esprits est de rendre l’action antifasciste illégitime aux yeux du pouvoir et de la population – et d’illégitime à illégale, puis à condamnable pénalement, il n’y a qu’un pas que le système judiciaire a très souvent franchi au cours des 10 dernières années…

 

A ces deux difficultés que constituent la banalisation des idées et la parcellisation des groupes d’extrême droite s’ajoute une troisième, cette fois-ci au sein même de notre mouvance politique et des différentes organisations d’extrême ou d’ultra-gauche. Les refrains entonnés ces quinze dernières années sur la fin du FN et du coup de l’extrême droite ont là aussi porté leurs fruits : l’antifascisme est devenu (au mieux) une cause secondaire, et le plus souvent un enjeu instrumentalisé à des fins de représentation politique. Le premier signe de cette marginalisation est le déclin progressif de toutes les structures antifascistes, qu’il s’agisse de groupes militants et/ou de cadres d’information et de réflexion : disparus le Manifeste contre l’extrême droite, les JRE, Ras l’Front, le Crida… De l’efflorescence des années 1990, seuls subsistent des associations antiracistes liées à des partis politiques (MRAP, SOS Racisme) et le réseau No Pasaran, qui, parce qu’antifasciste radical a pu jusqu’ici survivre en investissant des terrains au-delà de l’extrême droite stricto sensu – luttes de l’immigration, du sécuritaire, du féminisme, de l’altermondialisme, etc. Mais ses membres, en particulier en région parisienne, se retrouvent isolées, obligées de faire appel à l’alliance avec d’autres structures pour lesquelles l’antifascisme est, au mieux, une lutte secondaire. D’où le petit nombre de mobilisations, et mêmes d’initiatives, sur ce terrain ; d’où, surtout, l’absence de toute réflexion sérieuse sur la question antifasciste, sur la réalité de la situation et sur les stratégies à développer pour contrer le développement de l’autoritarisme, des inégalités et des discriminations.

Concrètement, cette situation s’avère problématique à plusieurs niveaux. D’abord, elle amène la plupart des structures politiques à ne se mobiliser qu’au coup par coup, en cas de danger militant immédiat ou, surtout, lorsqu’elles pressentent qu’une initiative peut leur être bénéfique en termes de représentation politique ou médiatique. Les deux principales mobilisations antifascistes de l’année 2011-2012 en région parisienne sont ici emblématiques : contre SOS Tout Petits venant prier devant le centre IVG de l’hôpital Tenon, moyen pour certains de se lier à la lutte en cours pour le maintien de ce centre ; contre les traditionalistes attaquant la pièce de théâtre « Sur le concept du visage du Fils de Dieu» de Roméo Castellucci, moyen facile pour beaucoup de s’intégrer à un événement déjà médiatisé. C’est parfois encore pire : la difficulté à rendre compatible les intérêts propres des uns et des autres peut aboutir à limiter le succès d’un événement – comme le Forum social antifasciste, qui malgré tous ses signataires n’a réuni que peu de monde – voire même à empêcher de mener une action de rue – comme, cette année encore, la désormais traditionnelle contre-manifestation du 9 mai.

D’autre part, le mouvement antifasciste souffre d’une absence d’analyse critique, et du coup d’inventivité, quant à ses formes et ses espaces d’intervention. Les mobilisations, quand elles ont lieu, prennent des formes qui, d’évidence, ne parviennent plus à toucher que les militants déjà sensibilisés, et restent la plupart du temps inefficaces (forums, manifestations, voire simple chasse au hasard, etc.). Clairement, ces actions ne peuvent aujourd’hui avoir d’impact que dans certaines configurations bien particulières, comme en cas de présence locale d’un groupe néofasciste violent (ce qui n’est pas le cas à Paris). En revanche, elles sont désormais inefficaces d'une part contre la tendance lourde à l’achèvement de lepénisation des esprits, qui dépasse de très loin l’extrême droite proprement dite, et d'autre part contre la nouvelle stratégie médiatique de son principal représentant partisan, le FN.

Bref, l'antifascisme semble de moins en moins pouvoir constituer un espace efficace de convergence des luttes, c'est à dire de rencontre et d’échanges entre des individus et des groupes qui, bien qu’engagés sur différents terrains, pouvaient au moins se retrouver dans leur antifascisme commun et, à partir de là, tenter de tisser des liens théoriques et pratiques entre leurs différentes perspectives.

Banalisation des thèses de l’extrême droite, virtualisation de l’activité de ses représentants, et instrumentalisation de la cause antifasciste par certains de ceux qui s’en déclarent partisans : tels sont les trois éléments de la crise contemporaine de l’antifascisme.

Ces limites concernent toute la mouvance antifasciste – y compris nous, membres du Scalp-Reflex. Le fait est que, ces dernières années, le groupe n’a pas non plus réussi à agir pour se transformer lui-même, et pour impulser la reconstitution d’un nouveau mouvement antifasciste radical. Nous ne sommes pas exempts de défauts ni de critiques ; nous avons sans doute raté certaines opportunités auxquelles nous n’avons pas su ou pas voulu nous adapter, en particulier concernant l’importance croissante du numérique et des nouvelles technologies de la communication. Nous avons, nous aussi, eu tendance à nous reposer sur nos lauriers et à maintenir inchangés nos modes d’action – du moins les plus efficaces d’entre eux ; nos tentatives de renouvellement n’ont pas abouti, et pire encore, nous pensons que notre présence, notre place centrale sur la scène antifasciste parisienne, a pu constituer un obstacle à l’émergence de nouveaux groupes, plus énergiques et peut-être plus imaginatifs que nous-mêmes.

 

 

Enfin, ne pas prendre au sérieux la cause antifasciste, c’est du même coup se priver de toute analyse sérieuse des causes et conditions du fascisme contemporain, et se limiter à la dénonciation routinière de l’extrême droite ou à la lutte épisodique contre une de ses manifestations. C’est abandonner l’idée fondamentale de l’antifascisme radical : celle qui veut que le fascisme ait des racines sociales, et que la lutte contre le fascisme soit une lutte pour la révolution sociale, et non simplement pour museler l’extrême droite.

 

 

 

 

L’impasse et le mur de l'impasse

 

 

Les structures militantes issues de la société industrielle, organisations politiques, partis politiques, syndicats, sont aujourd'hui en perte de vitesse. Les signes sont nombreux : moins de militant-e-s, un engagement différent, turn-over important au sein des groupes, etc. Trois évolutions nous semblent particulièrement importantes à prendre en compte : la dépolitisation de la société, son individualisation accrue, et la parcellisation des luttes. Ces changements, comme les autres groupes ou organisations politiques, le Scalp-Reflex les subit et a du mal à s’y adapter ; c’est même l’une des principales raisons qui nous mènent aujourd’hui à dissoudre une structure qui nous semble désormais inefficace et obsolète.

Durant l'ère industrielle, les ouvrièr-e-s se regroupent au sein d'organisations pour faire avancer leurs revendications et améliorer leur condition. Ils développent une vision collective de la lutte et de la société, un sentiment d'appartenance forte à un groupe. La solidarité de classe, tout au long du XIXe et quasiment jusqu'à la fin du XXe siècle, a permis aux mouvements ouvriers de remporter de nombreuses victoires, d’acquérir de nouveaux droits, et d'améliorer leurs conditions de vie. Ils ont aussi gagné un accès à la représentation politique grâce au droit de vote et à la légalisation des syndicats. Cependant, ces progrès sociaux sont aussi pour le capitalisme des outils de propagande et de pacification sociale par le développement de la société de consommation ; la majorité de la population a adhéré à cette vision enchantée, qui masque la permanence des conflits sociaux et politiques.

Les années 1960 voient fleurir les revendications de libération politique et sexuelle, les idées féministes, écologistes, tiers-mondistes, bref les exigences accrues d’autonomie dans tous les domaines et l'aspiration à des changements culturels en rupture avec les sociétés conservatrices. Les luttes se multiplient, y compris dans, voire contre, les structures classiques du mouvement ouvrier, en particulier contre la forme hiérarchique d’organisation qu’elles avaient adoptée. Les années 1980 marquent un tournant : si le courant progressiste semble arriver au pouvoir, la gauche de gouvernement se convertit rapidement au libéralisme économique et abandonne toute perspective de changement social global.D’un autre côté, les luttes dites sociétales, par exemple féministes et antiracistes, se sont peu à peu institutionnalisées et sont devenues plus réformistes. La plupart de ces organisations se contentent désormais de prôner une plus « juste » intégration au système socio-économique tel qu’il est, comme l’illustrent les mots d’ordre tels que la « parité » ou la « diversité ».

Ces trahisons et ces renoncements de la gauche institutionnelle ont entraîné une forte défiance contre ces organisations et leurs leaders, en particulier parmi les classes populaires qui, de plus en plus, se retirent du jeu politicien ou se tournent vers des votes protestataires – y compris d’extrême droite. Le véritable problème n’est pas là ; c’est plutôt le fait qu’en même temps que la désillusion et la méfiance envers le système politique s’est aussi diffusée l’idée que la politique en général est impuissante et donc inutile pour impulser un changement social – pour autant qu’un quelconque changement soit possible. C’est le début d’une forme de dépolitisation de la population, une dépolitisation générale mais encore plus marquée au sein des classes populaires. L’activité militante, en tout cas lorsqu’elle se veut action « avec » et non action « pour » tel ou tel groupe dominé, s’en trouve très nettement compliquée, car toujours menacée de se trouver coupée de la majorité du peuple.

La chute du mur de Berlin et l'effondrement des régimes de l'Est autoproclamés « communistes » entretient ce mouvement en marquant la fin de l’alternative dominante à la société capitaliste libérale. Si le stalinisme est (heureusement) renvoyé aux poubelles de l’histoire, en même temps c’est toute la gauche et tout espoir d’alternative qui se trouve décrédibilisé. Les tenants du capitalisme n'ont plus à défendre leur système contre la vision d'une société égalitaire et solidaire, qu'il croit avoir enterrée avec l'échec du « communisme ». Il n'y a plus d'ennemi progressiste à combattre, il sera remplacé par un ennemi rétrograde : « l’axe du mal » islamiste. Les théories libérales ont le champ libre, elles seront implacablement mises en pratique et imposées à des populations déboussolées et désespérées.

 

Un des axes du néolibéralisme sera la modification de la place du travail dans notre société : le travail n’est plus le seul vecteur d'intégration, ce qui met à mal les formes classiques de la solidarité sociale. C'est un des nombreux paradoxes du néolibéralisme : bien que le travail ait perdu sa centralité, que le chômage de masse et les emplois précaires se généralisent, il y a toujours l'injonction à travailler sous peine d'être considéré comme assisté-e. Les luttes ouvrières et celles de la Résistance ont permis l'avènement de l’État-providence, avec la création de la sécurité sociale, la retraite, les allocations chômages ; dans ce système, la collectivité est responsable des risques liés à la vie en société. Aujourd'hui, la globalisation de l'économie, avec sa cohorte de délocalisations et de dumping social, met à mal cette forme de solidarité : c'est l'individu qui devient seul responsable de sa vie et des risques inhérents à la société, d’où une individualisation accrue des rapports sociaux. Cette individualisation n’est en aucune façon une émancipation des individus : dans les faits ceux-ci sont de plus en plus soumis aux diktats de l'économie de marché dérégulée, ainsi qu’à la surveillance et à la répression étatique. On n’attend pas que les individus réfléchissent sur leurs conditions d’existence ou sur les enjeux collectifs, on exige seulement qu’ils se débrouillent pour se prendre en charge matériellement, même si leur capacité d'agir est en réalité très faible : la « prise de risque » est valorisée, chacun-e est censée devenir l'auto-entrepreneur de sa vie.

Or, cette transformation des rapports entre individu et collectif est l’un des questionnements qui nous traversent, y compris dans nos façons de structurer notre activité militante. En effet, les idéologies anarchistes et/ou communistes libertaires, tout comme les mouvements d’émancipation, prônent aussi une forme d’individualisation, afin de permettre à l'individu de s'émanciper de la société. Le danger de cette position est que, si on finit par perdre la notion du collectif au nom de la pureté individuelle, on en revient au modèle libéral que nous combattons. Non sans ambiguïtés, l’individualisation néolibérale est, quelque part, plus favorable aux organisations de base (collectifs, petits groupes) ou libertaires qu’aux structures autoritaires que le mouvement ouvrier classique avait créées. Nous-mêmes, nous avons accompagné cette évolution : dès les années 1980 nous avons adopté les formes du « groupe » et du « réseau », qui nous semblaient les plus adéquates pour que les désirs des individus puissent pleinement s’exprimer au sein d’une structure collective, qui du coup acquiert un potentiel créatif plus fort. Mais l’expérience nous a amplement démontré que ce mode d’organisation n’est pas sans défauts : il rend l’intégration plus difficile, l’identité commune plus diffuse, et l’engagement dans le temps plus fragile. Si une structure souple est plus favorable à la liberté et à l’initiative individuelle et collective, elle risque toujours de devenir trop souple et de laisser se désagréger la cohésion.

Cette individualisation induite par l’avancée du capitalisme nous a posé problème à un autre niveau : celui de notre base sociale militante. Le Scalp a toujours été composé en grande partie d’étudiants, mais le milieu étudiant a été profondément transformé au cours des dix dernières années : l’université, auparavant lieu de politisation des jeunes, devient peu à peu une zone de passage et non un espace de socialisation favorisant les échanges. Le chômage de masse, d’abord, a accru l’utilitarisme et l’individualisme des étudiants : la plupart d’entre eux ont aujourd’hui comme priorité de rentabiliser leurs études pour accéder à un emploi. Cet état d'esprit est encore renforcé par les lois « d'autonomisation » des universités (LRU) qui ne sont en fait que la marchandisation du savoir et le formatage aux idées libérales. D’où une certaine dépolitisation de la jeunesse qui réduit fortement le renouvellement de nos générations de militantes. Quant aux anciennes militantes étudiantes, à l'époque sans contrainte de temps, elles sont désormais entrées dans le monde du travail. Nous n’avons plus parmi nous de permanent bénévole. Ce double changement à profondément modifié notre organisation interne ; si le pouvoir, en l’absence de tels militantes quasi permanents, est sans doute mieux réparti entre nous, force est de constater que nous avons aussi perdu en capacité d'action et de réaction.

Enfin, il nous semble que le travail militant est confronté à une autre mutation extrêmement importante, qui entretient cette individualisation générale : le développement des technologies de l'information et de la communication, à commencer par Internet et la téléphonie portable. Il n’est pas question ici d’adopter une position « anti-tech », car nous sommes conscientes que ces outils peuvent être utiles au travail militant, en rendant les communications plus faciles et, dans une moindre mesure, hors du contrôle économique ou étatique. Encore que sur ce point il faut rester méfiant, et rappeler que ces médias sont désormais largement contrôlés, et qu’ils peuvent servir de nouveaux moyens de contrôle – comme par la géolocalisation, maintenant utilisée même pour de petites illégalités politiques. Mais ce n’est pas le point essentiel : selon nous, le problème principal que ces technologies posent aux groupes politiques, c’est qu’ils créent une illusion d’immédiateté. Depuis une décennie se diffuse le sentiment que grâce aux nouvelles technologies, tout est possible tout de suite, et en particulier que la communication virtuelle suffit à créer une mobilisation politique efficace. Comme si le virtuel pouvait remplacer le réel, comme s’il n’était plus besoin de temps et d’espaces de rencontres concrètes pour s’organiser, comme si spontanément les messages se diffusaient d’un individu à un autre individu jusqu’à créer un collectif. Cette idée est très largement fausse, les échecs de tentatives comme le No Sarko Day l’ont prouvé ; pourtant, cette idée est et reste particulièrement séduisante, en particulier chez les plus jeunes, sans doute parce qu’elle renforce et flatte l’individualisation généralisée qu’induit le capitalisme. Cette substitution du réel par le virtuel creuse un fossé (que nous n’avons pas su combler) entre ces soi-disant purs individus et les organisations politiques, qui sont vues comme autant d’entraves inutiles à la spontanéité – mais, malheureusement, sans pour autant pouvoir les remplacer par une quelconque forme plus efficace de mobilisation sociale et politique progressiste.

 

L'individualisation de la société entraîne également une parcellisation croissante des luttes et des identités collectives. Si l’individualisation est en général défavorable à l’engagement politique, elle entraîne en plus une modification des formes de cet engagement. Peu à peu, on glisse d’un engagement collectif pour un projet global de transformation sociale, vers un engagement individuel pour une cause donnée, pour des objectifs souvent moins ambitieux, plus immédiats et plus concrets. On a décrit cette évolution par la notion d’engagement « post-it », c’est-à-dire un investissement ponctuel et superficiel, passant d’une cause à une autre souvent pour des motifs émotionnels sans perspective politique. L’objectif n’est que de résoudre au cas par cas des problèmes qui nous ont émus, sans chercher à comprendre ni à transformer les mécanismes sociaux engendrant ces « causes à défendre ». Cette tendance s’est d’abord développée dans l’humanitaire, mais elle envahit de plus en plus le champ politique : de nombreux militant-e-s, lié-e-s ou non à des organisations, se contentent désormais de sauter d’une lutte à une autre au gré de l’agenda médiatique. Les organisations politiques se trouvent de plus en plus en position de prestataires de services

Cette façon de s’engager « où je veux, quand je veux et comme je veux » est aussi, de fait, une négation de l'importance du long terme dans la construction d’un rapport de force susceptible de changer les structures sociales. On ne voit plus l’importance de l'engagement pérenne, on ne prend plus en compte le besoin d’infrastructures permettant l’émergence et le soutien des luttes. Le présent devient le seul temps d’intervention, il n'y a plus de passé ni d'avenir, ce qui entrave à la fois un engagement conçu dans la durée et la transmission de la mémoire indispensable pour s'organiser et agir sans répéter indéfiniment les mêmes erreurs. Les organisations politiques se trouvent en porte-à-faux avec cette tendance, puisque toutes possèdent une histoire, une expérience, des façons de faire et/ou de pensée en partie héritées de leur passé, qui pèsent sur la spontanéité des envies individuelles, mais qui sont aussi la source de leur efficacité dans l’action, en particulier lorsque la lutte s’inscrit et se construit dans la durée.

 

La parcellisation des luttes n’est pas seulement la conséquence de l’individualisation ; elle est aussi entretenue par le développement progressif d’un modèle d’intégration sociale plus particulariste, où l’égalité cède peu à peu la place à l’équité et à la reconnaissance des situations et des identités particulières. L’émergence, à la place de l’Etat-providence, d’une nouvelle logique de l’action étatique, axée non sur la construction d’une société égalitaire mais sur la régulation équitable des groupes sociaux auxquels est déléguée leur auto-intégration, a été redoublée par l’affirmation, initiée par l’extrême droite et triomphante après le 11 septembre 2001, d’une représentation de la société en termes non plus de classes sociales mais de communautés culturelles. Les thèmes de lutte des classes et de hiérarchie sociale sont peu à peu remplacés par ceux de l’exclusion et (au mieux) des discriminations, et les individus s’identifient de plus en plus à des communautés plutôt qu’à des catégories socio-économiques générales. Les mobilisations se trouvent de plus en plus souvent traversées d’enjeux communautaires, et de moins en moins axées sur des discours ou des actions de portée globale – tels que les organisations politiques peuvent encore les développer, avec un succès bien moindre qu’il y a encore une décennie.

 

 

ET LE SCALP DANS TOUT ÇA ?

 

Si d'une certaine façon le Scalp-Reflex Paris a accompagné l'évolution de la société et de l'engagement contemporains, il faut également reconnaître que ces dernières années il n'a pas su s'y adapter, ni s’en saisir pour proposer des pistes innovantes. Le Scalp n’est pas seulement victime d’un contexte défavorable, il a aussi sa propre responsabilité, que nous ne souhaitons pas nier ni éluder : nous avons collectivement échoué à nous réinventer. C’est pourquoi, dans ses formes d’organisation comme dans ses perspectives de lutte, il constitue aujourd’hui selon nous une structure obsolète, incapable de soutenir efficacement les luttes sociales.

 

Par défiance vis-à-vis des formes classiques de l’organisation politique, fortement structurées, souvent bureaucratisées voire hiérarchisées, et centrées sur l’adhésion à un corpus doctrinal prédéfini, les militantes du Scalp ont adopté un autre type de structure : celle du « groupe » horizontal, largement informel et pourvu de multiples références idéologiques. D’où un mode de fonctionnement ouvert, permettant une expression plurielle des sensibilités et des perspectives, où le collectif n’est que le résultat des désirs et des actes individuels. Nous avons cherché à faire émerger des pratiques politiques autonomes, des idées et des pratiques de transversalités des luttes antisexistes, anticapitalistes, antifascistes, autogestionnaires et solidaires. Mais cette médaille a son revers, et même ses revers. La cohésion du groupe, d’abord, s’est longtemps construite autour de la thématique d’un antifascisme radical fédérateur, qui servait de pont entre les différentes luttes menées. La crise politique des perspectives de l’antifascisme, qui dépasse de très loin le Scalp, se répercute en interne : d’abord par une moindre dynamique de renouvellement des générations militantes, ensuite par une individualisation accrue des champs de lutte, avec comme conséquence l’éclatement progressif des activités du groupe. D’autre part, après la scission en 2003 d’une partie des militants, un mécanisme de « fusion affinitaire » se développe entre les membres du groupe, qui tend peu à peu à se refermer sur lui-même, et qui a de plus en plus de mal à intégrer les nouvelles arrivantes. Bien que nous ayons maintes fois interrogé nos pratiques, tant au niveau du groupe qu'au niveau de réseau, depuis quelque temps, nous avons négligé le travail sur les rapports de domination au sein de notre groupe. Souvent, avec l'excuse de l'urgence des luttes, nous avons consacré tous nos efforts à celles-ci délaissant le travail sur nous-mêmes qui aurait pu permettre de faire évoluer nos luttes et de transformer nos pratiques internes vers plus d’horizontalité.

 

Une autre difficulté est liée à notre principal mode d’intervention politique, à savoir un activisme quasi-permanent et souvent mouvementiste. Nous sommes passées d'un groupe de militantes à plein temps, principalement étudiantes, à une organisation dont les militantes travaillent et/ou ont des enfants et/ou vivent en couple. Ce changement socio-démographique a provoqué de nombreuses frictions au sein du groupe, car nous n'avons pas réalisé que de ce fait nous ne pouvions plus militer de la même façon, tout comme nous avons sous-estimé le fait que les nouvelles générations d'étudiantes avaient un mode de vie de plus en plus proche de celui des travailleurs. Cette logique a engendré deux éléments négatifs. D'une part, une hiérarchisation implicite des militantes en fonction de leur activité : la reconnaissance des individus au sein du groupe s’est toujours faite en fonction d’un principe activiste de base, selon lequel celui qui agit a raison. Cette logique a entraîné des « procès » sur le manque d'engagement de certaines de nos militantes, dégoûtant les nouvelles arrivantes tandis les anciennes, désormais incapables de tenir le rythme, finissaient par s’éloigner progressivement du groupe. D'autre part, la non-remise en question de notre activisme, ou plutôt des formes de notre activisme, nous a poussées à attribuer notre difficulté croissante à agir à un manque de volonté des individus, ou à une peur croissante de la répression, plutôt que de chercher à adapter nos tactiques et nos stratégies en fonction de l’évolution du groupe et de la société. Pourtant, cette évolution n’aurait pas nécessairement été une mauvaise chose : de militant quasi-permanent à militant professionnel, il n’y a qu’un pas que nous ne voulons pas franchir, car on sait bien que ce type d’engagement entraîne une coupure entre les « avant-gardes » et le peuple, et ouvre grand la porte, au sein des organisations militantes, aux prises de pouvoir et autres dérives antidémocratiques. Ne plus pouvoir faire de l'activisme à plein temps est une richesse à créer.

 

Aujourd’hui, concernant notre forme d’organisation aussi bien que nos interventions publiques, nous avons l’impression d’être dans une impasse – plus encore, d’être nous-mêmes le mur de l’impasse. Pour nous, un groupe politique est avant tout un outil qui doit nous permettre d’évoluer et d’agir, de changer la société et de nous changer nous-mêmes. Aujourd’hui, il nous semble que le Scalp-Reflex est devenu plus un obstacle à la poursuite de nos idéaux qu’un moyen de les réaliser. Certes l’histoire du groupe, notre identité, nos habitudes rendent un processus de dissolution complexe et douloureux, mais c’est après mûre réflexion et sans remords que nous l’accomplissons. En arrêtant les activités de notre groupe, nous espérons libérer un espace dans l’échiquier politique permettant l’émergence d’autres initiatives. Et bien entendu, nous – maintenant anciens - membres du Scalp-Reflex Paris poursuivrons notre engagement dans les luttes et dans les alternatives. Pour nous, le combat continue !

 

 

 

SCALP-REFLEX Paris, le 12 janvier 2013

1

Le nom de notre groupe a changé avec les années : de reflex entre 1986 et 1992 nous sommes devenus le scalp reflex de Paris à partir de 1992.

2

Revue du réseau no pasaran dont fait partie le scalp reflex

3

Réseau d’Étude et de Formation à la Lutte contre l’Extrême droite

4

On se souvient de la stratégie de François Mitterrand pour être réélu en 1988.

5

On ne peut pas tous les citer, rappelons juste les rassemblement contre les anti IVG au Chesnay, au Lilas, dans le 13 ème, à Bourse où trois militants furent arrêtés et condamnés, la manifestation contre le congrès du front national à Strasbourg en 1997 et la mobilisation contre les commémorations du 9 mai qui fut centrale pour nous entre 1999 et 2011.

6

Le scalp a été à l’initiative du collectif Solidarité Résistance antifasciste (SRA) qui a mené de nombreuse campagnes politiques de soutien à des antifascistes en France et à l’étranger http://solidarite.samizdat.net/.

7

On peut cité le Contrat d'insertion Professionnel(CIP) 1995, le mouvement contre la réforme de la sécurité sociale en Novembre décembre 95, Contrat Première Embauche(CPE) 2006...

8

Campagne politique contre le sommet du G7 à Lyon en 1996 regroupant différents groupes libertaires.

9

Village alternatif Anticapitaliste et Anti guerre voir le livre au le VAAAG expérience libertaire édition le monde libertaire - No Pasaran

10

Rôtisserie : restaurant association situé rue sainte Marthe à côté de Belleville qui vient de fermer ses portes.

11

Zone d'extra-longue durée d'autonomie projet d'acheter un immeuble collectivement afin de créer un parc locatif autogéré. Ce projet ne serra jamais finalisé.

12

Le scalp reflex a participé à la Commission Contre-culture du CICP rue de Nanteuil puis au Collectif Contre-Culture qui lui succédera au CICP rue voltaire.

13

Centre International de Culture Populaire situé rue de Nanteuil dans le 15ème à paris puis au 21 ter rue voltaire 75011 paris

14

LOLF : Loi organique sur les lois de finances : réforme du budget de l’Etat, structuré en missions pourvues d’objectifs précis à atteindre

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 18:19

Hasard malheureux de la toile et projet de créer de la confusion (là où il n'y en a aucune), mon interview donné à deux intervenants de Diktacratie.Com a été reproduit le 23 août sur le site d'Alain Soral. Le projet de ce sinistre individu est bien connu. Il est ancien et remonte aux années de la peste brune. Il est tout simplement réactionnaire. En fait, il tente de démontrer qu'il existe une extrême droite qui serait antisystème, anti-impérialiste et anticolonialiste. Et mieux, qu'elle serait la seule voie praticable de nos jours. Pour cela, il a besoin de construire des ponts imaginaires avec des militants radicalement antisystème, anti-impérialiste et anticolonialiste comme je l'ai été en tant que combattant d'Action Directe et comme je le suis car non-repenti. Aujourd'hui cet ignoble ver de terre ose utiliser mon nom et mes mots qu'il sache toute fois qu'aucun lien n'est possible que le seul affrontement à mort entre réaction et révolution, extrême droite et extrême gauche, fascisme et antifascisme, domination blanche et internationalisme. Aucune discussion n'est possible avec la racaille réactionnaire. Qu'ils crèvent !

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 20:55

*LDJ, ça suffit ! Tous avec les prévenus des 5 et 12 juin !*

*Quand l?agresseur sioniste joue les victimes et que la justice française
cède aux pressions, nos frères et amis risquent la prison...*

*Vérité et justice pour les opposants à la LDJ : liberté pour Hassen,
Nizar, Souleymane et tous les prévenus !*

 

 

A tous les militants actifs depuis les mobilisations contre les massacres israéliens à Gaza.

 

 

LDJ

 


Vous vous rappelez que depuis 2009, la LDJ a multiplié les agressions contre nos mobilisations. Jusqu'à présent, à quelques rares exceptions, les fanatiques pro-israéliens ont bénéficié d'une impunité inouïe, qui contraste avec la répression dont sont l'objet les militants du boycott d'Israël. Le dernier exemple est la condamnation de Sakina Arnaud par la cour de cassation de Bordeaux : elle avait collé des stickers de la campagne BDS sur des bouteilles de jus de fruits israéliens.

Un prochain rendez-vous important arrive. *Les mardi 5 et 12 juin après-midi, au Palais de Justice de Paris,* auront lieu des procès opposant des jeunes sympathisants de la cause palestinienne aux membres de la LDJ.
Comme d'habitude, les fanatiques pro-israéliens, soutenus par les officines pro-israéliennes BNCVA et autres SPCJ, veulent nous la faire à l'envers : ils ont porté plainte et se présentent en victimes. Dans les deux cas pourtant, ils sont clairement venus pour casser du « sale arabe ».

La première affaire jugée remonte aux manifestations de l'hiver 2008-2009. Le 4 janvier 2009 http://agen-nanterre.over-blog.com/article-31071348.html rassemblés devant l'ambassade israélienne à l'appel du CRIF, les fascistes sionistes ont ensuite déboulé à Opéra à une manifestation spontanée contre les massacres israéliens. Là, ils se sont heurtés à des jeunes militants du droit et de la justice. Ils jouent maintenant les victimes et essayent de se faire passer pour de simples passant juifs victimes d'une agression antisémite. Mensonge !

 

La seconde affaire http://www.ujfp.org/spip.php?article246 s'est déroulée en avril 2009 au métro Rue des Boulets, à proximité du CICP, le soir d'un événement de solidarité organisé par Génération Palestine : les sionistes attendaient les invités à la sortie du métro et en ont agressé plusieurs. Ils prétendront ensuite être venus coller des affiches pour Ilan Halimi et avoir été attaqués par les jeunes militants. Mensonge encore.

Dans les deux cas, la police et la justice semblent intimidées par les pressions sionistes. Dans les deux cas, Hassen, Nizar, Souleymane et les autres inculpés ont besoin de notre solidarité. Ils se sont défendus contre la LDJ, ils nous ont défendu contre les agressions. A nous de les défendre !
 

Ils ont besoin d'un maximum de monde pour les soutenir lors des procès des 5 et 12 juin. Ils ont besoin d'aide pour les frais de justice. Soyons à leurs côtés.

 Rejoignez la page Facebook de soutien : STOP LDJ!
http://www.facebook.com/pages/STOP-LDJ/360816127305331

Chèques à l'ordre de JEDPS, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris (mention au dos : STOP LDJ)

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 16:53

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 12:23


Présentation des principaux groupes nationalistes français

 

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  (Pour commander le shéma : écrire au SCALP 21ter, rue Voltaire 75011 Paris / 20 euros les 100 exemplaires ou 10 euros les 50 exemplaires / chèque à l'ordre de NOZ.)


À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire une virginité et apparaître plus forte qu’elle ne l’est, il vaut mieux connaître les histoires, les alliances et les positionnements de ces différents mouvements pour mieux anticiper leurs actions et leurs politiques. Le schéma que vous trouverez aux pages suivantes, ainsi que les repères historiques ci-dessous,  permettent d’y voir plus clair.
L’extrême droite à l’automne 2011 apparaît comme extrêmement morcelée, avec un nombre de groupuscules et des alliances parfois contre-nature entre certains courants ou groupes politiques. Cela s’explique par une grande confusion idéologique qui règne dans le milieu nationaliste. À travers  cet organigramme, qui ne peut qu’être éphémère, nous avons tenté de dresser le bilan de cette extrême droite, en terme d’alliance et de positionnement, afin de permettre à chacun(e) de s’y retrouver. Avec les présidentielles de 2012, il y a pourtant fort à parier que la situation exposée ici aura évolué d’ici quelques mois, probablement avec des rapprochement inédits. Nous avons essayé d’être les plus exhaustifs possible, mais en ne nous intéressant qu’aux partis et groupuscules ayant une activité, même réduite, dans le monde réel et pas seulement sur internet, et de ce fait pouvant représenter un danger physique ou politique pour les militants. Ainsi, nous avons volontairement mis de côté les sites internet comme François de Souche, à l’audience proche de certains grands sites d’info, mais dont l’activité se limite finalement au relais d’informations sur des faits divers glanés ici et là et à la libre expression d’un racisme qui trouve là son exutoire.
Mais pour bien comprendre la situation actuelle, il est nécessaire de replacer cette distribution des rôles dans une perspective historique : car si la très grande majorité des groupes nationalistes ici présentés sont nés dans les années 2000, ils sont tous, de par l’histoire de leur formation ou celle de leurs dirigeants, ancrés dans l’histoire contemporaine de l’extrême droite telle qu’elle s’est construite à partir des années 1980, avec l’émergence du FN.

 

Les années 1980-1990
Si aujourd’hui une chatte n’y retrouverait pas ses petits, du début des années 1980 au début des années 2000, l’extrême droite française était organisée de façon assez simple. Le Front National (FN), qui regroupait plusieurs familles de la mouvance nationaliste (catholiques, anciens de l’Algérie française, nostalgiques du fascisme et du nazisme, anticommunistes, ultra-libéraux…) occupait la plus grande partie de l’espace politique et public de ce courant de pensée, laissant à sa périphérie divers groupuscules dont la marge de manœuvre était très limitée : l’Œuvre française, le GUD, le Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), Troisième Voie, Unité Radicale (UR)… Si certains finissaient par rallier le FN, d’autres choisissent la surenchère idéologique et la violence comme moyen d’expression, voir le terrorisme (cf. les attentats du PNFE contre des foyers Sonacotra).  La mainmise de Le Pen sur le FN et sa réussite médiatique ne laissent alors que peu de place à une autre personnalité ou mouvement venu le concurrencer, obligeant les autres formations à se soumettre ou à engager une longue traversée du désert.
Le FN  connaît ses meilleures années au milieu des années 1990, que ce soit sur le plan électoral ou au niveau de son appareil militant. C’est alors une machine de guerre, avec un service d’ordre composé en grande partie d’anciens professionnels de la sécurité, mais surtout avec de nombreux militants capables de se mobiliser pour n’importe quel événement.
Les années 1990 sont également marquées par une recrudescence de la violence d’extrême droite, avec plusieurs morts, les victimes étant toutes des Français d’origine étrangère. Plusieurs militants du FN sont impliqués dans des meurtres à caractère raciste. La fin des années 1990 marque la fin de l’hégémonie du FN sur l’extrême droite française, avec en 1998 la scission provoquée par Bruno Mégret, alors n°2 du FN, qui quitte le parti avec de très nombreux cadres et militants pour créer une nouvelle structure, le Mouvement National Républicain (MNR). Cette brèche, ouverte dans la suprématie frontiste, permet à certains mouvements nationalistes de récupérer des cadres et militants du parti lepéniste, déçus par les tensions existant entre le FN et le MNR.

Les années 2000
Le 11 septembre 2001, le conflit israélo-palestinien et l’émergence de certains communautarismes radicaux bouleversent profondément le champ politique à l’extrême droite, avec d’un côté une extrême droite traditionnelle, restant sur ses bases, et de l’autre des mouvements prêt à passer ponctuellement des alliances inédites : on voit alors des groupes nationalistes s’allier avec militants en perdition venus de la gauche (Dieudonné, Riposte laïque) ou se prétendant venir de la gauche (Alain Soral).
Parallèlement, l’émergence de Marine Le Pen à la tête du FN et ses orientations stratégiques ont entraîné un important désintérêt des jeunes d’extrême droite et des militants nationalistes radicaux pour le FN, même si le parti, surtout lors des périodes d’élections, attise toujours les ambitions et les intérêts de nombreux nationalistes. Alors que le parti n’est plus capable de recouvrir les murs des villes de France d’affiches ou de mettre dans la rue des milliers de gens comme par le passé, faute de militants de terrain, le FN enregistre de nombreuses adhésions de sympathisants, qui ne sont cependant pas prêts à se salir les mains. La nouvelle stratégie du FN version Marine est basée essentiellement sur lesmédias. Bête médiatique comme son père, Marine est présente quotidiennement à la télé ou la radio. Elle a réussi à rallier à elle des
personnalités médiatiques comme Gilbert Collard, ce que son père n’avait jamais réussi à faire. En interne, elle organise la chasse aux sorcières de tous ceux et celles qui pourraient s’opposer à elle ou dont les positions trop radicales pourraient la gêner dans sa quête médiatique et politique de normalisation du FN.

NOTRE ANTIFASCISME
La lutte antifasciste se résume trop souvent à une simple opposition à l’extrême droite, ce qui l’empêche de prendre une véritable dimension politique. Pour nous, l’antifascisme se définit avant tout par des pratiques : l’information, la confrontation, la solidarité. Mais l’expérience nous a appris que certains principes sont fondamentaux, car tout antifascisme cohérent ne peut être qu’autonome, révolutionnaire et internationaliste. L’antifascisme n’est à nos yeux ni une posture, ni une position de principe, mais quelque chose de dynamique, un engagement réel. Il existe bien des façons de lutter contre l’extrême droite, à condition de n’en négliger aucune.

Informer
C’est un préalable à tout travail antifasciste, tant l’extrême droite est un objet de fantasmes. Presque toujours sous-estimée ou surestimée, l’extrême droite provoque chez ceux qui s’y confrontent  à la fois un sentiment de rejet viscéral et de fascination, deux réactions compréhensibles, mais qui ont tendance à développer respectivement la mauvaise foi et l’extrapolation. C’est également un sujet sur lequel il est permis de dire n’importe quoi, puisque tout serait bon pour lui nuire. Pour les médias de masse, l’extrême droite est avant tout un sujet à scandale : c’est donc surtout sa violence, son folklore et sa marginalité qui sont mis en avant. Dans les publications militantes, l’extrême droite est souvent présentée comme une absurdité politique, dont le discours et les pratiques sont avant tout stupides et « haineux », ou comme l’incarnation du mal absolu. Ce travail de recherche d’information se fait à plusieurs niveaux : dans la presse, en particulier locale, dans les publications universitaires ou politiques, mais aussi et surtout sur le terrain, en collectant des informations à la source. C’est ce travail de terrain qui permet aussi de contourner la contre-information que fait l’extrême droite sur ses propres activités, en particulier sur Internet. Une fois l’information collectée et traitée, il reste à la diffuser, afin de tenter de contrecarrer cette désinformation et de dissiper les représentations erronées.

S’opposer
Mais la simple dénonciation ne suffit pas, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif du travail de recherche antifasciste. Son but est de permettre à l’action antifasciste de définir des objectifs à la fois pertinents et réalistes, d’apprécier le rapport de force et d’utiliser les moyens les mieux adaptés. Il est évident que tous les moyens d’actions (manifestations, harcèlement, attaques directes, campagnes de presse...) ne se valent pas selon le groupe ciblé (parti institutionnel comme le FN, groupes informels violents, associations religieuses…) et l’objectif visé (provocation, dénonciation, interdiction…). Mais réfléchir sur l’utilisation des moyens ne veut pas dire hiérarchiser ces différentes formes d’actions, en opposant par exemple actions publiques non violentes et actions de rue plus radicales. La question de la violence ne doit pas être prise comme prétexte pour moraliser l’antifascisme, et condamner les antifascistes qui s’opposent physiquement aux fachos, au nom d’un consensus mou qui assimile légitimité et légalité. Cependant, les affrontements de rue, vus de l’extérieur,  peuvent donner l’idée que fascistes et antifascistes sont deux groupes antagonistes uniquement préoccupés l’un de l’autre. C’est pourquoi il faut toujours lier la confrontation avec l’extrême droite à d’autres formes de lutte. L’action directe n’empêche d’ailleurs pas la démarche unitaire, à condition qu’elle ne soit pas une simple alliance de circonstance.

Être solidaire
Enfin, la lutte antifasciste ne se définit pas uniquement par rapport aux activités de l’extrême droite : elle doit aussi se montrer solidaire, non seulement à l’égard des victimes de l’extrême droite, mais aussi entre les antifascistes eux-mêmes. Organiser la solidarité antifasciste est une nécessité, car comme toutes les luttes de résistance, elle se retrouve en butte à la répression et ce d’autant plus qu’elle est parfois, par la force des choses, à la limite de la légalité. Cette solidarité passe bien entendu par un soutien concret en cas de poursuites judiciaires mais pas seulement.
Car la solidarité antifasciste ne doit pas s’organiser uniquement face à la répression, mais aussi en multipliant les rencontres et les actions communes, afin de permettre aux groupes antifascistes de partager des informations et d’échanger sur leurs pratiques, mais aussi de se rencontrer afin de mieux se connaître ; c’est une autre façon de montrer à l’extrême droite qu’une résistance organisée se met en place et que les antifascistes ne sont pas isolés.

Autonome, révolutionnaire et internationaliste
Lutter contre l’extrême droite, d’accord, mais pas n’importe comment. En premier lieu,  notre antifascisme est autonome, à l’égard de l’État comme des partis électoralistes. La société française contemporaine s’est constituée, à la Libération, sur l’antifascisme, et pour cette raison tous les partis politiques sont « antifascistes ». Pour affirmer sa distance à l’égard de cet antifascisme républicain et pour être capable d’analyser l’extrême droite dans toutes ses dimensions (et pas seulement comme simple ennemi de la démocratie libérale), notre antifascisme est très clair sur ses positions quant aux opérations répressives de l’État contre l’extrême droite : toutes les opérations policières contre les groupes fascistes peuvent tout aussi bien être utilisés contre d’autres contestataires, en l’occurrence les antifascistes eux-mêmes. Les procédures judiciaires (interdiction, dissolution…) ne sont pas des armes politiques au service de l’antifascisme, mais des outils au service de l’État qui protège ainsi le modèle de société qu’il représente. De même, le vote n’est pas une arme efficace contre l’extrême droite, car il délègue à d’autres le soin de lui faire barrage : pas question de signer un chèque en blanc aux partis de droite comme de gauche qui ont montré des années durant de quelle façon ils recyclaient les idées du Front national une fois arrivés au pouvoir.
Ensuite, notre antifascisme est révolutionnaire : être antifasciste aujourd’hui dans nos sociétés libérales, c’est placer la critique de l’État et du capitalisme au cœur de l’analyse du processus de fascisation. L’antifascisme est donc le pire produit du fascisme s’il ne vise que l’ennemi désigné par l’État libéral : pour mener un antifascisme digne de ce nom, il faut donc que sa fin et ses moyens soient clairement replacés dans un projet global de changement social. À nous de trouver, à partir de là, les formes de lutte les plus susceptibles de leur infliger un maximum de dégâts.
Enfin, notre antifascisme est internationaliste, car c’est évidemment la meilleure réponse aux logiques nationalistes : abolition des frontières, libre circulation, solidarité internationale, rejet des logiques de guerre, telles sont les revendications indissociables de notre lutte antifasciste. L’extrême droite se développe dans chaque pays de façon différente, parce qu’elle est le produit de la société qui la voit naître : c’est par la connaissance de la diversité des situations que l’on peut mettre en perspective sa propre situation, les enjeux de l’antifascisme ici et là-bas et organiser des réseaux de solidarité antifasciste internationale.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 21:28

La ZAD, 9 juillet 2011,

 

On est une centaine, on vient d'occuper un terrain pour y commencer le village autogéré! Maintenant on y est : le terrain est occupé, les gens motivés, les structures se montent, l'info se diffuse :on est ici pour y rester, au moins jusqu'à fin juillet !

 

Ce lieu ouvert se veut un laboratoire d'idées, une zone rebelle, une île pirate, un En dehors du monde pourri ! On a commencé à le monter et il y a de quoi accueillir tout le monde. Espaces médicaux, cuisines et sanitaires pour commencer, un accueil, un mode de fonctionnement horizontal à construire et reconstruire, de quoi manger à prix libre...

 

C'est pas une colonie de vacances et on crève d'envie de parler politique, de construire des réseaux pour faire vivre l'alternative, pour détruire leur monde, pour raser leurs aéroports. Ca ne veut pas dire qu'on ne sera ps content de voir arriver conteurs et poètes, musiciens et artistes, qu'on n'a pas prévu quelques concerts !

 

Les infos, la programmation, la carte pour trouver le lieu sur http://www.gzero.info

info contact mail nog2011riseup.net

 

De Nantes rejoindre La Paquelais, prendre la route de Notre Dame des Landes, dépasser la Boissière et prendre le premier chemin de terre à gauche

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 01:35

Nous sommes profondément indignéEs par l'acharnement de la justice à l'encontre d'Aurore Marin et sa tentative d'arrestation à Bayonne aujourd'hui.

Nous condamnons l'exécution du mandat d'arrêt européen contre Aurore Martin. Aurore Martin est militante d'un parti politique légal en France et inscrit dans un processus démocratique. Les faits retenus contre elle sont des articles d'opinion et des conférences de presse. Il s'agit donc bien d'un délit d'opinion, la négation des droits d'expression et de réunion, principes qui relèvent du droit français.

La justice française s'apprête à livrer une de ses ressortissantes à l'état Espagnol. Elle sera jugée par un tribunal d'exception, dont il a été prouvé la dureté et la partialité. Il est reconnu que les militantes et militants basques sont soumis à la torture. La cour européenne des droits de l'homme a condamné par deux fois l'Espagne pour faire obstacle aux enquêtes concernant des cas de tortures.

La répression qu'ont à endurer les militantes et militants de la cause basque, en France comme en Espagne, est un déni de démocratie. Nous réaffirmons notre soutien à toutes celles et ceux qui la subissent alors qu'ils ne font qu'exercer leur droit de participation à la vie politique et associative.

Les états espagnol et français doivent s'engager enfin dans un véritable processus de résolution du conflit basque.

C'est en toute connaissance de cause que l'Etat français livrera Aurore Martin à ses tortionnaires s'il ne réagit pas.

Gora euskal herria askatatuta
(Vive le pays basque libre)
Euskal presoak etxerat
(les prisonniers basques à la maison !)
Parole d'Aurore Martin au meeting du 18 juin 2011

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 22:39

Rachetée par un spéculateur immobilier (agent immobilier de son état), la Rôtisserie lutte depuis près de 5 ans pour garder ses locaux.

Nous ne laisserons pas faire !

Nous vous invitons donc

le dimanche 19 juin 2011 toute la journée dans le cadre d’Ensemble nous sommes le 10ème sur les berges du Canal Saint Martin

Et à une manifestation le 25 juin à 11h. RDV devant la Rôtisserie.

Face à l’embourgeoisement du quartier, il doit rester des espaces où la logique marchande n’a pas cours,

Pour que les associations puissent continuer à autofinancer leur projet,

Pour défendre les salariés,

il faut que la rôtisserie vive !

Le comité de mobilisation de la rôtisserie (issu de l’Ag des associations et riverains)

LA ROTISSERIE TIENT LE COUP ET LUTTE VAILLEMENT.

La Rôtisserie Sainte Marthe est un restaurant associatif, un lieu pas comme les autres.

Laura, Nico, Ahmed, Tidia, Flora et Fatou salariés, vous accueillent le midi. Chaque soir, différentes associations cuisinent pour financer leurs projets.

En parallèle de la procédure d’expulsion, la rôtisserie est ouverte et fonctionne normalement.

Le midi du lundi au vendredi 12h à 14h environ.

Le soir du lundi au dimanche de 20h à 23h environ.

Tarifs

Midi : 5,5 € le plat, 3,5 € la tarte salée crudités, 2 € le dessert et 1€ le thé à la menthe.

Soir : Menu entre 8 et 10€ maxi. Vin à 1€ le verre, 2,5 € le 1/4 et 5€ le 1/2 pichet maxi

Parfois, les prix sont libres (pour les clients). Il n’est pas possible de faire des réservations pour venir manger.

 


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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 10:05

Vendredi 20 mai à 17H, une manifestation anti-biffins a démarré à Couronnes pour se diriger vers Belleville. En grande majorité blanche, le cortège funèbre a dégouliné boulevard de Belleville, entonnant ce sublime et intelligent slogan "Belleville, oui ! Poubelle ville, non !". Devant les yeux ébahis des habituéEs du coin.

Depuis quelques années, un marché sauvage s'est installé entre C carre_marche.JPGouronne et Belleville, le marché aux pauvres. Si les activités culturelles initiées par la ville de Paris ne font pas toujours salle comble, cet espace aléatoire est plein de vie, il y a demande ! Pour complaire à leur électorat,       les mairies du 10e,  11e, 12e et du 20e arrondissements (PS) avaient déjà fait un vœux à la préfecture pour qu'il y ait une plus grande présence policière afin de dissuader ces miséreux de venir polluer l'espace de la populace Bienséante. C'est avec une grande célérité, et beaucoup de moyens, que la Préfecture a répondu aux vœux.
 
 Aujourd'hui, les chiens de garde ont traqué les Rroms jusque dans les ruelles pour faire place nette et laisser les quelques 200 manifestants proférer leur racisme de classe, voire, leur racisme tout court, en toute quiétude.
 
Ils n'étaient que 200, c'est 200 de trop.
 
Le PS toujours plus à droite 
 
Elus2.JPGCette manifestation a vu le jour à l'initiative de Frédérique Calandra, mairesse socialiste du XXe, soutenue par Patrick Bloche, maire PS du XIe et Rémi Féraud, maire PS du Xe, à l'occasion du conseil de quartier de Belleville, le mardi 10 mai. Selon le journal du web "le 7520" de jolis propos en sont sortis : : «C’est un marché illégal avant d’être celui de la misère», «On court vers le ghetto», « Nous ne sommes pas là pour vivre dans la merde ». Pour Frédérique Calandra, il fallait « créer un rapport de force démocratique », afin d'obtenir une présence policière plus répressive que dissuasive. « Ce n’est pas digne de vivre de ce qu’on trouve dans les poubelles. Vous voulez institutionnaliser la misère, nous ne l’organiserons pas», a-t-elle lancé aux défenseurs d’un carré aux biffins. « Je suis exaspérée, il s’est créé une zone de non droit où tous les trafics s’installent [...]. Le temps est à l’organisation collective, au rapport de force et à la manifestation ».

 

Et oui, pas même l'aménagement d'un espace pour les biffins, comme c'est la cas à Saint-Ouen, ne saurait les satisfaire. La misère oui, mais pas chez nous ! Et la seule réponse à la misère, la flicaille !

pretre.JPGCes bonnes gentes de la Gôôche semblent très proches d'une association "de quartier" créée en 2009 pour chasser le biffin "Belleville Couronnes propres". Cette association regroupe essentiellement des commerçants et des professions libérales : Poujade, nous revoilà ! Ca va plaire à Le Pen, père, ancien député poujadiste. Je vous incite à aller sur leur site pour prendre la température des propos nauséabonds qui y sont tenus : http://www.bellevillecouronnes.com/?p=56. Le tout couronné par un prêtre en chasuble portant bannière, c'est à se demander, si par hasard…


Lorsqu'on fait le parallèle avec la façon inacceptable dont la Ville de paris (PS, faut-il le rappeler) a traité les revendications des Tunisiens réfugiés à Paris, il devient clair que noncamionette.JPG seulement le PS ne croit plus en la lutte des classes, mais qu'il peu t directement se fondre dans l'UMP, la politique et les discours en sont de plus en plus proches.

C'était sans doute pour supporter la votation citoyenne qui avait lieu en même temps, métro Belleville…

On ne pourrait que conseiller à la CFDT d'enlever leurs autocollants des camionnettes qu'ils louent, cela prête parfois à confusion...

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 00:04

LE G8 EST PARTOUT. ÇA TOMBE BIEN NOUS AUSSI ! AGISSONS LÀ OÙ NOUS SOMMES !


JEUDI 26 MAI 2011 – Débat « Enjeux et résistances face au G8 »,
à 19h30 à la Petite Roquette (6 Rue Saint Maur, Paris 11e)
JEUDI 26 MAI 2011 – ACTION MASSIVE CONTRE LA FINANCE,
9h00 pétante Place de la Rotonde, Métro Stalingrad
VENDREDI 27 MAI 2011 – PARADES ANTI­G8 dans la désobéissance et
l'impertinence,  18h00, Métro Belleville

Venez exprimer vivement et librement vos revendications et vos envies
multicolores !
Divers concerts et actions sont prévus (anti g8, anti-sécuritaire,
réappropriation de l'espace public, droit à la paresse...)

Arrête tout et rejoint-nous !

Plus d'information sur les mobilisations pendant et après le G8 sur :
http://nog2011.noblogs.org ou par mail à infoparis_nog2011@riseup.net

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