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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 14:45


Certes, le mouvement des enseignant-e-s/chercheur-e-s titulaires est légitime. Le décret imposé par Sarko/Pécresse aggrave encore les défauts de l'Université: autoritarisme, compétition généralisée, soumission aux pouvoirs etc. Mais la solidarité des enseignant-e-s/chercheur-e-s précaires, des étudiant-e-s, des BIATOSS, ne saurait être considérée comme acquise. Ce n'est pas l'ajout de quelques revendications qui changera quelque chose, car personne n'est dupe : l'immense majorité des enseignant-e-s/chercheur-e-s titulaires abandonnera la lutte dès que leur statut sera (provisoirement) sauvé.



Pour transformer ce mouvement défensif d'une partie des usager-e-s de l'université en une offensive large et efficace, il est nécessaire de remettre en question l'ensemble des rapports de pouvoir qui existent actuellement dans le système d'enseignement et de recherche. Dans ces rapports de pouvoir, les enseignant-e-s/chercheur-e-s titulaires sont clairement dominant-e-s. Les raisons pour lesquelles illes refusent aujourd'hui à juste titre le décret de Sarko/Pécresse peuvent et doivent faire l'objet d'une réappropriation collective, et leur revendications doivent être opposées à leurs pratiques actuelles : exploitation des précaires et des BIATOSS, évaluation et sélection autoritaires des étudiant-e-s, dépolitisation des savoirs etc.


Aujourd'hui, l'université n'est pas qu'un lieu d'enseignement et de recherche. C'est aussi un lieu de sélection et de reproduction sociale. Un lieu d'apprentissage de la division du travail et d'inculcation d'habitudes autoritaires. Autant de processus dans lesquels les profs jouent un rôle de premier plan. Ce n'est que par la lutte qu'on pourra collectivement faire de l'université un outil de transformation sociale, où se développeraient librement des pratiques et des idées anti-autoritaires et anti-productivistes, pour se disséminer ensuite dans l'ensemble de la société.


Un ensemble de réalisations concrètes pourraient permettre de commencer à changer les rapports de pouvoir dans l'université :


- Ouvrir les locaux et les cours à l'ensemble des personnes qui le désirent, notamment les non-bachelier-e-s et les sans-papier-e-s.

- Associer tou-te-s les usager-e-s de l'université à la construction du contenu des enseignements.

- Abolir tous les modes autoritaires d'évaluation, au profit de pratiques d'auto-évaluation et d'évaluation collective.

- Ni concours, ni droit d'entrée, refusons toute sélection à l'université.



C'est ici et maintenant, au niveau de chaque cours, de chaque UFR, de chaque fac, qu'il faut essayer de transformer l'université. Sans ça, le mouvement actuel, victorieux ou non, ne sera qu'une étape supplémentaire dans le processus actuel d'abdication de notre autonomie collective au profit des logiques autoritaires, individualistes et productivistes.




Section de Critique Autonome de la Lutte des Profs



04/03/09

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Published by SCALP-REFLEX
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