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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 22:56

Pour lancer cette campagne en France, nous souhaitons organiser une réunion publique le 18 mars à 19 heures au CICP (21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris, métro Rue-des-Boulets et Nation). Le choix de la date coïncide avec la clôture du Salon du livre, où le Mexique sera cette année à l’honneur. C’est là une occasion d’interpeller l’opinion sur la situation d’impunité qui prévaut au Mexique, de dénoncer la criminalisation des mouvements sociaux et d’exiger la liberté pour tous les prisonniers politiques au Mexique et pour ceux d’Atenco en particulier.




Nous, personnes et organisations, presque trois ans après les terribles événements répressifs de San Salvador Atenco, voulons exprimer ce qui suit.

1. Le mouvement pour la défense de la terre qui a surgi en 2001, face à l’initiative gouvernementale d’exproprier la terre afin de construire un nouvel aéroport pour la ville de Mexico, est un mouvement social dont les causes et les revendications sont justes, légitimes, et possibles à satisfaire. La violence n’aurait jamais dû être la réponse de l’État face à ce mouvement de paysans et d’habitants. Le Front communal pour la défense de la terre (FPDT) représente ce mouvement. L’État a commis une erreur en polarisant le conflit à l’époque, et en optant pour une issue autoritaire face à ce problème social.
2. Les innombrables violations des droits humains lors de l’opération lancée par les gouvernements fédéral, de l’État et municipal en mai 2006 sont un fait déplorable qui a été démontré sur le plan national et international par des organismes reconnus de défense des droits humains. Diverses instances de l’État et même des fonctionnaires fédéraux ont reconnu la gravité des violations et des exactions commises à San Salvador Atenco. Il n’existe aucun doute sur le fait que ces violations ont été commises. Hélas, dans sa délibération de la semaine dernière, la Cour suprême de justice a évité de se prononcer sur les responsabilités des dirigeants policiers et politiques qui ont participé à ces faits.

Par la manière, la répétition et le modèle des arrestations, de la brutalité policière, des abus sexuels contre les femmes arrêtées, la torture et les irrégularités de procédure, nous considérons qu’il y a indubitablement des responsables politiques clairement identifiables, soit par leurs actions, soit par leurs omissions, soit par leur place dans la chaîne de commandement. C’est l’État mexicain et les hauts fonctionnaires qui ont eu la charge des opérations qui sont responsables des violations des droits humains commises à San Salvador Atenco. Ces opérations ont eu deux buts politiques : traiter comme des criminels celles et ceux qui constituent un mouvement social légitime, et essayer de désarticuler et décapiter la structure organisationnelle de ce mouvement. L’État a commis une erreur en ne parvenant pas à régler un petit conflit ne concernant que huit vendeurs de fleurs et en polarisant ce conflit. Les 3 et 4 mai 2006, l’État a lancé une opération planifiée, délibérée et calculée pour instaurer la peur et infliger un châtiment exemplaire, à travers la violence autoritaire, au mouvement social du Front communal pour la défense de la terre et aux organisations solidaires qui l’accompagnaient. Le chapitre de l’obtention de la justice par les victimes est incomplet. Pour l’instant, la justice est en suspens.

3. À cause de ces déplorables événements, treize personnes sont toujours en prison, avec des peines allant de 31 ans à 67 ans et même 112 ans, dans un pénitencier de haute sécurité. Tous ont été condamnés à de terribles et injustes sentences pour des délits qu’ils n’ont pas commis. Le système de justice a été employé contre eux de manière factieuse. Ils ne sont pas des délinquants, certains sont les dirigeants les plus visibles du mouvement pour la défense de la terre et d’autres de simples et humbles habitants, quelques-uns même n’avaient jamais participé à aucun mouvement social. La façon dont ils ont été arrêtés, les abus et les violations des droits humains auxquels ils ont été soumis, les irrégularités dans leurs procès et leurs condamnations montrent encore une fois qu’ils sont prisonniers sans véritable fondement juridique et légal.

Ces treize personnes sont des prisonniers politiques. Et la justice ne peut suivre son chemin tant que les violations aux droits humains continuent. Ces violations continuent tant qu’ils restent emprisonnés. Il devient urgent sur les plans national et international d’exiger la LIBERTÉ des treize prisonniers, et c’est pour cela que nous nous sommes réunis nombreux, acteurs et actrices, musiciens, journalistes, écrivains, peintres, académiciens, religieux, défenseurs des droits humains, organismes civils, solidaires, familles des prisonniers, avocats de la défense et le Front communal pour la défense de la terre lui-même, pour réaliser ce qui suit.



APPEL À LA SOCIÉTÉ CIVILE NATIONALE ET INTERNATIONALE

Nous appelons la société civile nationale et internationale, les femmes et les hommes, de tous les âges, de toutes les entités du pays, de tous les continents du monde, de la ville ou de la campagne, de toutes les professions, arts et métiers, de toutes les orientations et préférences sexuelles, toutes les personnes, familles, collectifs, organisations, réseaux et mouvements indigènes, syndicaux, paysans, urbains populaires, de femmes, écologistes, des droits humains, étudiants et religieux qui luttent pour la liberté et la justice à participer à la campagne nationale et internationale LIBERTÉ ET JUSTICE POUR ATENCO. Celle-ci commence ce 17 février et sa première phase se terminera les 3, 4, et 5 mai de cette année, avec l’intention de rassembler les voix qui demandent :

- La LIBERTÉ des treize prisonniers politiques.
- L’annulation des sentences de condamnation.
- L’annulation des mandats d’arrêt contre les gens poursuivis.
- Le respect absolu des droits humains des gens arrêtés et poursuivis.
- La condamnation et l’arrêt de la criminalisation des mouvements sociaux au Mexique.

Cette campagne est une initiative civile et pacifique qui cherche à promouvoir la participation nationale et internationale de personnes, de familles, de groupes, de collectifs, d’organisations, de réseaux et de mouvements autour de la demande de liberté pour les treize prisonniers politiques d’Atenco. C’est une initiative de la société civile mexicaine, lancée par une dizaine d’organismes de défense des droits humains, civils, solidaires, d’avocats de la défense, de familles des treize prisonniers et poursuivis politiques, tous convoqués par le Front communal pour la défense de la terre.

La campagne intégrera diverses actions au niveau national et international :

- Une campagne de messages aux treize prisonniers politiques d’Atenco en provenance de tout le pays et du monde entier pour que les citoyens et citoyennes puissent exprimer par écrit leur soutien à chacun des prisonniers.

- Une campagne nationale d’information où nous distribuerons des milliers de tracts et d’affiches informant la population sur la situation des treize prisonniers. La campagne nationale comprendra des productions radiophoniques et vidéo pour distribuer du matériel par divers médias.

- Une campagne d’information dans les médias commerciaux et alternatifs, où quelques-unes des personnalités qui ont rejoint la campagne ainsi que les organisations qui y participent demanderont des espaces aux médias de masse pour expliquer la situation des treize prisonniers politiques et inviter les citoyens à participer à cette campagne.

- Toutes les organisations, réseaux, collectifs, familles et personnes pourront prendre l’initiative d’actions civiles et pacifiques de diffusion et de protestation exigeant la LIBERTÉ pour les treize prisonniers politiques d’Atenco. Un exemple : les étudiants et professeurs d’université ont déjà organisé ce mercredi 18 à 13 heures à la faculté de droit de l’Université nationale autonome du Mexique un forum juridique qui analysera l’affaire d’Atenco ; le jeudi 19 également à l’UNAM aura lieu un forum d’analyse sur le mouvement social représenté dans le Front communal pour la défense de la terre. C’est pourquoi, dans cette campagne, il y aura de multiples forums, actions culturelles, prières, collectes et réunions d’information, des lettres, des argumentaires et des manifestes.

- Nous ouvrirons des centres de collecte de matériel pour soutenir le plantón (campement) que maintiennent depuis bientôt trois ans diverses organisations devant le pénitencier de Molino de Flores. Les gens pourront donner des vivres et autre matériel pour soutenir cette initiative.

- Plusieurs des personnalités membres de cette campagne réaliseront personnellement des visites aux pénitenciers de l’Altiplano et de Molino de Flores, pour rencontrer directement les prisonniers politiques.

- Nous irons trouver diverses instances, en particulier celles qui défendent les droits humains, pour leur exposer notre opinion sur la libération des prisonniers.

- Nous suivrons et soutiendrons la défense légale des treize prisonniers.

- Nous renforcerons le processus d’investigation des violations des droits humains. En son temps, nous évaluerons la pertinence de s’adresser à des instances internationales.

- Nous appelons la société civile nationale et internationale à participer aux journées du troisième anniversaire des événements d’Atenco. Nous les invitons à réaliser des actions de protestation civile et pacifique dans leurs localités, leurs quartiers et leurs communautés, dans leurs écoles et lieux de travail, et les 3, 4 et 5 mai à réaliser des mobilisations pour la liberté des treize prisonniers politiques d’Atenco.

Il y aura information publique sur la forme et les dates de toutes ces activités.

Notre page web atencolibertadyjusticia.com recevra les inscriptions de toutes celles et tous ceux qui désirent réaliser une action pour la liberté et la justice. À travers elle, on pourra envoyer à chaque prisonnier un message par écrit. On pourra également y inscrire les actions que, dans tout le pays et dans d’autres nations, la société civile décidera de mener.


Enfin, cette initiative ne dispose d’aucune ressource ni financement. Les activités se dérouleront avec les ressources que toutes et tous nous donnerons pour les frais qu’impliquent plusieurs de ces activités. Nous avons ouvert un numéro de compte qui recevra des dons uniquement et exclusivement pour ces activités. Il ne faut pas confondre ce compte avec aucun autre type de soutien, il ne sert qu’à réaliser les activités qui font partie de la campagne. On pourra donner 50 pesos dans n’importe quelle succursale de BANORTE sur le compte 0608878038 au nom de María Antonia Trinidad Ramírez Velázquez pour soutenir - exclusivement - les frais de la campagne nationale et internationale LIBERTÉ ET JUSTICE POUR ATENCO.

Bien à vous.


Comité liberté et justice pour Atenco.


Envoyez vos signatures à justicepouratenco@gmail.com

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Published by SCALP-REFLEX
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