Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 18:58
Les autonomes-nationalistes en Allemagne


Ils portent des vêtements noirs, leurs banderoles et leurs slogans sont très offensifs et pleins d’anglicismes, et ils cherchent volontiers la confrontation avec la police et les antifascistes. Par cette apparence, ils cherchent à copier le style d’origine de l’extrême gauche en Allemagne, et à première vue, il est difficile de les différencier des autonomes et des antifascistes. Ils se désignent souvent eux-mêmes comme autonomes nationalistes.


« Ensemble contre le capitalisme ! Pour un socialisme national ! »

 Après que, dans la première moitié des années 1990, une série d’organisations néonazies a été interdite en Allemagne, les néonazis se sont mis à former de petits groupes informels sans statut officiel (dits « organisation sans organisation ») et à se connecter en réseaux. La notion d’autonomes nationalistes, développée dans le même temps, a d’abord été remplacée par celle de « nationalistes libres » ou de « forces libres » et est réapparue depuis 2002 environ, avec un sens modifié. Ces différents groupes et activistes néonazis propagent une politique strictement antiparlamentaire, choisissent des formes de lutte radicales et s’opposent explicitement aux tentatives d’accaparement d’une « NPDVolksfront- Politik » (« politique de front populaire du NPD »).

Les éléments caractéristiques des autonomes nationalistes ne sont pas idéologiques, mais recoupent principalement les formes d’action et d’apparition et l’aspect de l’apparence physique. Ils portent souvent des vêtements noirs, des casquettes, des baskets, des lunettes de soleil et se masquent volontiers. Sur leurs banderoles et dans leurs tracts, on voit des symboles de la gauche, modifiés, et pendant les manifestations, ils forment très souvent un black bloc. Ainsi, par l’apparence, ils se différencient fondamentalement de l’image « Biedermeier » (petite-bourgeoise) du NPD aussi bien que de l’image traditionnelle de la scène skinhead. Le but qu’ils poursuivent est clair : c’est une tentative visant à attirer et à mobiliser une nouvelle génération jeune et à créer le néonazi moderne.

" Pour en finir avec la justice d’opinion,
liberté pour tous les nationalistes ! "

« Peu importe quelle musique les gens écoutent, ou comment ils portent leurs cheveux ou quelles fringues ils mettent. Il s’agit plutôt de s’infiltrer et d’utiliser des franges de la jeunesse et de la société pour arriver à nos fins. » Les modifications sémantiques ont le même but : s’adresser à une clientèle qui n’était pas, jusqu’ici, réceptive à l’idéologie de l’extrême droite.

Une ressemblance avec l’apparence de l’extrême gauche et en particulier avec les autonomes est tout à fait voulue. C’est une tendance qui attire la jeunesse et en même temps un mode de camouflage grâce auquel les néonazis échappent aux attaques et à la chasse qui leur est faite.

Idéologiquement, les autonomes nationalistes restent très superficiels. Aucun document fondateur n’existe, qui pourrait représenter une base idéologique de cette mouvance. Même s’ils soulignent en permanence qu’ils s’inspirent du mouvement national-révolutionaire des années 1920, il est rare de trouver une vraie relation à cela dans leur argumentation. Les références à l’idéologie des gauchistes du NSDAP, aux frères Strasser, à Gottfried Feder et au jeune Goebbels restent tout aussi nébuleuses.

Certes, les autonomes nationalistes reprennent la question sociale et se font les fers de lance d’un anticapitalisme populiste, mais c’est une tendance globale qui se dessine dans l’extrême droite en Allemagne, et donc pas une nouvelle tendance.

« Le bloc national-révolutionaire et noir ne se différencie pas principalement par son apparence physique d’avec les autres participants de la manifestation, mais par les contenus et actions révolutionnaires (blocus, occupations et refus etc.) : nous ne croyons pas que le système capitaliste peut être réformé ou amélioré - le système prédominant est l’erreur et doit être remplacé par une nouvelle forme de société, libre, juste, nationale et sociale. » Pour conclure, on peut noter que l’apparition des autonomes nationalistes marque surtout une nouvelle génération de néonazis, avec un nouveau style.

 Idéologiquement, on ne constate pas un changement radical de paradigme. En Allemagne, il existe environ 30 à 40 petits groupes d’autonomes nationalistes plus ou moins actifs. Le premier groupe a été fondé en 2002 à Berlin par des militants de la mouvance de la Kameradschaft Tor. Aujourd’hui, on trouve l’épicentre des autonomes nationalistes à Dortmund et dans la région de la Ruhr. Depuis 2004, chaque année au 5 septembre, des militants proches de la Nationaler Widerstand Dortmund organisent une journée nationale contre la guerre avec une manifestation à Dortmund. Cette année, 700 néonazis, pour la plupart des autonomes nationalistes, ont manifesté. Les antifascistes étaient dix fois plus nombreux…


Publié dans No Pasaran numéro 76

Partager cet article

Repost 0
Published by SCALP-REFLEX
commenter cet article

commentaires