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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 22:34


La manifestation antifasciste organisée samedi 27 mars à Chauny dans l’Aisne a rassemblé plus de 400 personnes. Cette manifestation tenait à affirmer que les rues de Chauny n’appartiennent pas aux fascistes, et à amorcer le point de départ de la nécessaire reconquête de ces rues par tous ceux qui ne tolèrent plus la présence violente, raciste et haineuse des nazillons locaux.

 


La situation à Chauny est représentative d’une situation que l’on constate à l’échelle du département, voir au-delà : poussée électoral du FN, éclosion de petits groupes ouvertement nazis, intimidations devenues ordinaires, agressions racistes répétées…  

Rien qui ne soit vraiment très surprenant, à l’heure où l’Etat répand plus que jamais un discours ouvertement raciste et xénophobe, apte à dévier une partie de la population des problèmes profonds posés par le capitalisme.

Rien qui ne soit vraiment surprenant, non plus, puisque l’extrême droite s’alimentent des conséquences du capitalisme pour rassembler autour de ces obsessions réactionnaires et haineuses.

 

Chômage, précarité, misère, mise en concurrence, exclusion, Chauny connaît particulièrement bien ce que produit de mieux le capitalisme, et la fermeture de l’usine Nexans et le licenciement de ses 220 travailleurs en est le plus récent stigmate.

 

Que ce soit à travers certains slogans entendus  (« Derrière la fascisme se cache le capital, la lutte antifasciste est internationale !», « français, immigrés, même patron même combat ! »…) ou dans le choix du parcours, qui longeait l’usine Nexans, cette manifestation clarifia bien ces liens étroits entre le capitalisme et le fascisme et la nécessité de lutter contre ces deux systèmes, message politique porté inlassablement par l’antifascisme radical.

 

Avant cette manifestation, des habitants de Chauny avaient déjà réagi et exprimé leur refus de laisser leur ville aux mains des fascistes : en vain. L’association AJIR, par exemple, a interpellé la mairie, la préfecture, le ministère de l’intérieur et de la justice, des députés, ou encore le conseil général mais rien n’a été fait (1). Quand certains habitants choisissent de porter plainte contre leurs agresseurs, rien n’ait fait non plus (2).

Et quand les habitants tentent de s’opposer eux-même aux fascistes, les condamnations sont lourdes, presque toujours dans le même sens. Et les médias évoquent, quand ils en parlent, d’« affrontements entre bandes rivales » (3), renvoyant dos à dos habitants et fachos.

Les néo-nazis peuvent même  tranquillement parader dans Chauny pour une manifestation xénophobe, escortés par les gendarmes, sans craindre d’arrestations (4)

 

C’est dans ce contexte particulièrement sombre que des individus, habitant à Chauny, ont décidé d’organiser une manifestation, comme point de départ à la résistance antifasciste. Celle-ci, il faut le souligner, n’est pas une contre-manifestation mais bien à l’initiative des antifascistes, et permit l’apparition pour l’occasion d’un collectif antifasciste axonais, composé d'individus et de militants issus de différentes organisations.

 

Lorsque la manifestation fut annoncée, c’est à qui, entre les flics et la presse locale, atténueraient le plus l’aspect politique de l’évènement, en se focalisant sur la dangerosité supposée des manifestants, pour détourner totalement l’attention du message qu'elle portait.

La palme revient au lieutenant Claude Rénier, qui à propos de la manifestation, déclara la veille aux commerçants : « Si vous vous posez la question de fermer ou pas, si vous baissez le rideau ce serait donner raison aux manifestants » (5)

 

Mais malgré ce discours, chargé de diviser antifascistes et habitants, plus de 400 personnes s’y sont joints. Dans le cortège s’observait autant de militants antifascistes (provenant de diverses organisations locales ou extérieures) que d’habitants de Chauny ou des environs, confrontés quotidiennement aux fascistes, parmi lesquels les jeunes collégiens et lycéens étaient très bien représentés.

 

La manifestation a donc été un succès de par son ampleur inattendue (les organisateurs comptaient à la base sur 200 manifestants), mais aussi - et surtout - par les perspectives qu’elle ouvre : cette rencontre entre manifestants organisés et non-organisés, entre habitants de l’Aisne et d’ailleurs, était le point de départ indispensable pour donner l’envie aux habitants de Chauny d’organiser localement la résistance face au fascisme et à ses causes.

 

A Chauny comme ailleurs : le fascisme ne passera pas !

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Published by SCALP-REFLEX - dans Communiqués
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